pancartes féministes

Au revoir Ourida Chouaki, chère militante féministe…

Publié le 19 août 2015

Triste nouvelle que la disparition brutale d’Ourida Chouaki, après la Caravane des Droits des femmes au Maroc,à laquelle nous avons participé à ses côtés cet été, avec la Fondation Ytto. Les mouvements féministes perdent une militante engagée et courageuse.

Née en 1954 à Tizi Rached, Ourida Chouaki a toujours œuvré pour la démocratie, la justice et les droits des femmes, pour des lois civiles égalitaires.

Elle a notamment lutté pour l’abrogation du code de la famille, voté en 1984 par le gouvernement algérien. Rappelons que ce code, vite surnommé par les féministes « Code de l’infâmie », rend les Algériennes mineures à vie et soumises légalement aux hommes. Mais tandis que le gouvernement faisait la sourde oreille aux revendications féministes, les « années noires » rendirent la vie encore plus difficile pour les associations. Ainsi, Salah Chouaki, le frère d’Ourida fut assassiné par les islamistes, comme le furent nombre de militant-es démocrates et engagé-es. Mais malgré la terreur ambiante et les pressions du gouvernement et des islamistes, les femmes s’organisent. Elles ont « dépassé la peur », comme Ourida qui co-fonde, avec sa sÅ“ur Djamila et d’autres militantes, l’association féministe Tharwa Fadhma N’soumer en 1997.

En 2004, Ourida Chouaki est l’un des pivots du collectif algérien d’associations féminines et féministes 20 ans Barakat! Autrement dit :  « 20 ans de Code de la famille, c’est assez ». En effet, les dégâts occasionnés par le Code de la famille sont énormes pour toute la société. Pour les femmes d’abord, en Algérie, mais aussi en France pour toutes les résidentes ayant la nationalité algérienne : mariages forcés, répudiations, déni des droits élémentaires quant à la garde des enfants, le logement, l’héritage…
La campagne d’actions que mène 20 Barakat ! est relayée en France par plusieurs associations, dont Femmes contre les intégrismes. Et pour la première fois, Fci organise cette année-là une caravane des droits des femmes, les Caravanières venues du Sud, avec le concours des militantes de l’autre rive de la Méditerranée : des Algériennes dont Ourida Chouaki, des Marocaines, des Tunisiennes se joignent aux Françaises pour dénoncer les méfaits des intégrismes religieux.
En 2005, le gouvernement algérien lâche du lest : le Code de la famille reste en vigueur, mais il est amendé dans un sens favorable pour les femmes.
Les soeurs Chouaki continuent le combat, toujours avec l’association Tharwa Fadhma N’soumer. Ourida est souvent en première ligne, à revendiquer inlassablement, avec une détermination sans failles, l’égalité femmes-hommes. Dès qu’elle le peut, elle témoigne dans différents pays d’Europe, en Afrique, en Palestine, aux USA… En 2011, elle participe à Lyon aux rencontres internationales Femmes en Révolutions. Elle s’apprêtait  à participer la Marche mondiale des femmes contre la pauvreté et les inégalités.

Auprès de FCI, elle avait participé à maintes actions, débats et caravanes… Les membres de l’association présentent leurs plus sincères condoléances à sa famille, et en particulier à sa sÅ“ur Yasmina, qui a été son alliée de toujours.


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