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« Assises des religions et de la laïcité » à Lyon : NON, LA LAÏCITÉ N’EST PAS ASSIMILABLE AUX RELIGIONS !

Publié le 10 octobre 2016

[communiqué]

Femmes Contre les Intégrismes déplore qu’un événement d’une telle ampleur – une vingtaine de conférences et colloques, ainsi que des projections, formations et expositions du 3 octobre au 12 novembre -, organisé sous l’autorité de l’Éducation Nationale, par le biais de l’ISERL (Institut Supérieur d’Étude des Religions et de la Laïcité), associe comme un même objet  »religions » et  »laïcité ». Car la laïcité n’est pas une religion, mais un principe, fondamental dans notre système républicain français, de séparation des Églises et de l’État. La laïcité, c’est la garantie de la non-ingérence des religions dans les affaires de l’État. Or, inscrire sur le même plan laïcité et religions dans le titre d’une manifestation se parant d’attributs scientifiques, c’est sous-entendre que les deux sont assimilables et peuvent donc être débattues de la même manière.

Dans son texte de présentation, l’ISERL évoque d’ailleurs des « redéfinitions de la laïcité »… À l’heure où nous avons cruellement besoin de défendre et promouvoir la laïcité comme outil du vivre ensemble, le seul qui permette la liberté absolue de conscience de chacune et chacun, on cherche avec ce type d’événement à en dénaturer insidieusement le sens, comme si celle-ci n’était qu’une opinion parmi d’autres.

Certains termes du programme de ces Assises sont inadmissibles, tel celui de « compromis laïque », comme si la laïcité était quelque chose de négociable… Doit-on rappeler qu’elle est inscrite dans la loi et n’appelle donc pas de  »compromis » ? Le descriptif de certaines conférences semble révéler des objectifs pour le moins étonnants pour des universités publiques, tels la « reconnaissance du rôle des religions dans l’espace public », le fait de « se décrisper par rapport au fait religieux », voire d’ « intégrer positivement les apports sociaux culturels et éthiques des religions dans des sociétés d’individus en quête de repères ».

Enfin, si ces Assises s’intéressent vraiment comme elles le prétendent à la laïcité, comment se fait-il qu’aucun événement parmi tous ceux annoncés ne soit consacré à montrer son rôle dans l’émancipation des femmes, dans l’accès à une éducation égalitaire, dans l’apprentissage de la tolérance, dans l’acceptation d’autrui, etc ? Comment se fait-il que les athées, agnostiques et croyants non-pratiquants ne soient que si discrètement évoqués ?