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« Bien sûr que je suis féministe! » (retour sur le 8 mars à Lyon)

Publié le 13 mars 2019

Compte-rendu du 8 mars à Lyon pour le groupe FeminisWya

Pour commencer en beauté et en argot ce partage sur FeminisWya « Premier 8 mars », la parole à une surfeuse championne du monde, Anne-Flore Marxer, qui en décembre 2011 déclarait : « Bien sûr que je suis féministe ! Et je pense franchement que si une femme moderne n’est pas féministe, elle est dans la merde. »

C’est, en peu de mots, le constat de l’association Femmes contre les intégrismes (FCI), qui a organisé à Lyon samedi 9 mars 2019 une rencontre avec Annie Sugier, présidente de la Ligue du Droit international des Femmes. Dans la vase salle des Mariages, devant une cinquantaine de personnes, la parole de cette petite dame menue, physicienne de métier, a résonné, claire et forte : « Revenir à l’esprit olympique, c’est être solidaire des Iraniennes et des Saoudiennes contre l’apartheid sexuel. Soutenir les résistances à un ordre sexiste dans le sport, c’est possible et nécessaire, en s’appuyant sur la Charte olympique. Que ce soit pour empêcher toute obligation de port de tchador ou pour soutenir les femmes athlètes, dont certaines ont payé un prix lourd pour avoir couru ou disputé des compétitions sans voile ». En 2019, l’Iran continue d’interdire aux femmes l’entrée des stades, et presque partout dans le monde, les jeunes-filles et les fillettes ont toutes les difficultés d’accès aux pratiques sportives.

La démonstration rigoureuse d’Annie Sugier est étayée par cette réalité archi-connue : les structures décisionnelles, dans le monde du sport comme ailleurs, appartiennent aux hommes ! Cependant, il y a une « fenêtre de tir » féministe et donc pacifiste : les règles de non-discrimination ont déjà été appliquées dans le passé par le Comité olympique, quand l’Afrique du Sud a été exclue pendant 30 ans pour cause d’apartheid racial. Ces règles doivent s’appliquer aujourd’hui à l’apartheid sexuel, clame la Ligue du Droit international des Femmes, appuyée par un Appel relayé depuis janvier 2019 par de plus en plus de structures et fédérations féministes.
C’est sûr, les Jeux 0lympiques 2020, puis ceux de 2024 à Paris, vont être l’objet de toute notre attention, et sous les feux de nos regards, les discriminations sexistes seront-elles prohibées, un jour ?

2024 : aux percus, citoyennes !

Lors du rassemblement du 8, place de la Comédie à Lyon, une grande bannière proclamait : « Mille genres d’amours, Aimons sans genre ». Résonnance assurée en direct, au rythme des « Femmes battantes », un groupe qui faisait sa première apparition publique. Belle idée que de battre le pavé comme elles l’ont fait, vêtues de vert couleur printemps, avec leurs « percus » devant l’opéra. Dans la musique comme ailleurs, disent ces musiciennes, les hommes ont plus facilement le choix des instruments. Et dans la famille des percussions, les professionnelles sont ra-ri-ssimes… Encore un sujet à creuser pour FeeminsWya. Et une idée qui germe, pour les J.O 2024 à Paris : engager la participation de multiples et diverses amies des femmes battantes, sportives, musiciennes ou pas, ou les deux, avec tablas, tambourins et tambours… Histoire de rappeler en musique les principes de la Charte olympique !

FrancesKa